L’appareillage auditif : le déclic qui m’a fait sauter le pas

L’appareillage auditif : le déclic qui m’a fait sauter le pas

Se faire appareiller est loin d’une décision facile à prendre. Il est facile de trouver une bonne raison à ne pas franchir le cap. Pourtant, il arrive un moment où le déclic se fait. Il « suffit » d’une phrase, d’une situation qui nous renvoie à notre handicap et surtout à l’impossibilité de continuer ainsi sans le prendre en charge et l’assumer du mieux possible.

Et pour vous quel a été le déclic?

Un long chemin avant le déclic

Entre le début de la perception d’une gêne auditive et le jour de l’appareillage, il peut se passer plus de 10 ans.

Les freins sont généralement d’ordre financier et psychologique.

Concernant le frein psychologique, il y a une phrase que je répétais souvent quand j’étais assistante audioprothésiste.

Un malentendant non appareillé et qui fait répéter, se remarque plus rapidement qu’un malentendant appareillé qui répond correctement.

Autrement dit, certains persistent à ne pas vouloir se faire appareiller (le frein financier mis à part) par peur du regard et du jugement porté sur le port d’un appareil auditif.

C’est d’ailleurs la réflexion la plus courante que les gens de mon entourage me font « j’oublie tout le temps que tu es malentendante ». Ils ne font jamais référence à mes appareils. Tout juste s’ils s’aperçoivent que j’en porte quand je tourne la tête

Cinquantenaire actif et malentendant : quand vous ne pouvez plus faire semblant

Malentendant actifJ’enfonce le clou aujourd’hui en m’adressant la génération des + de 50 ans.

Actif et soumis à la pression sociale d’être toujours performant, vous êtes confronté à la jeune génération et devez toujours prouver que vous êtes là, bien présent pour encore un paquet de temps. Imaginez une minute le regard d’un jeune actif aspirant à prendre votre place, lorsqu’à plusieurs reprises vous demandez à faire répéter votre interlocuteur sans réussir à comprendre ce qu’il vous dit.

Alors oui je caricature un peu la réalité. Après tout, le monde de l’entreprise est immergé dans la bienveillance et la reconnaissance de ses aînés. Et puis, nous sommes depuis longtemps affranchi du regard des autres pour se forger une confiance et une estime de soi inébranlable.

Non ?

Deux attitudes, deux perceptions

Quelle seraient vos impressions face à ces deux personnes ?

  • La première avec une perte auditive, non appareillée mais qui s’obstine à vouloir donner le change.
  • La seconde, le malentendant qui s’assume et qui pour maintenir ses capacités intellectuelles au top en s’équipe d’un appareil auditif discret et performant.

Laquelle dégagera l’impression la plus positive d’après vous ? 

Se faire appareiller : le déclic qui change tout

Alors qu’est-ce qui nous pousse enfin à passer le cap de l’appareillage auditif ? Quel déclic se produit qui nous rend impossible la vie telle qu’elle a toujours été.

Pour l’illustrer, je ne trouve rien de mieux que de vous parler de mon expérience personnelle.

malentendant étudiant a la facMalentendante et étudiante à la fac, la main en cornet pour entendre en amphi

Le déclic je l’ai vécu à 18 ans. Fraîchement diplômée du bac après avoir été malentendante à l’école, je rejoins les bancs de la fac un peu par dépit. Dès le jour de la rentrée, je perçois un malaise : je n’ai pas entendu mon nom quand le prof a constitué les groupes en appelant un par un les étudiants dans l’amphithéâtre..

Mettant ça sur le compte du bruit généré par près de 200 étudiants réunis, je n’ai pas tout de suite pensé que le problème puisse venir de moi. Quelques jours plus tard, cours magistral. La professeur nous explique son cours et nous demande de noter ce qu’elle va dire. Elle se lance…

Je ne comprends pas un mot de ce qu’elle dit.

Comme toute personne dans le déni, je pense d’abord que le problème vient de l’intervenante qui ne parle pas assez fort. Je m’attends alors à ce que les autres étudiants protestent et demandent à ce qu’elle monte le son de sa voix. Je me tourne vers ma voisine. Elle est entrain d’écrire le cours. De l’autre côté, idem. En me retournant vers les bancs les plus éloignés, je constate que chaque étudiant est plongé sur sa feuille. Personne ne semble éprouver de difficultés pour comprendre.

Sauf moi.

Je me souviens encore de la sueur froide qui m’a traversé ce jour-là. Plus moyen de nier : ma perte auditive est maintenant trop importante pour rester ainsi.

Je suis malentendant

Pour tenter de suivre malgré tout, je place alors ma main en cornet derrière l’oreille. J’entends plus fort mais je ne peux pas m’empêcher de penser à ma grand-mère paternelle qui usait du même stratagème pour nous entendre.

Depuis, je ne supporte plus ce genre de photo pour illustrer la perte auditive.

Il était temps pour moi de me faire appareiller si je voulais continuer mes études, conserver une vie sociale…

Vous êtes malentendant appareillé, quel a été votre déclic ?

Aidons celles et ceux qui attendent encore ce déclic, vous êtes malentendant appareillé, témoignez de votre parcours.

N’hésitez pas à commenter sur le blog ou sur la page Facebook.

Pour celles et ceux qui souhaiteraient témoigner, contactez-moi.

Malentendant au téléphone : j’ai testé Roger Voice

Malentendant au téléphone : j’ai testé Roger Voice

Le relais téléphonique est obligatoire depuis octobre 2018. C’est une véritable avancée pour l’accessibilité du téléphone aux sourds et malentendants. Vraie bête noire des porteurs de handicap auditif, le téléphone devient accessible, notamment grâce à la retranscription écrite de la conversation. Cette prouesse, on la doit à une application : Roger Voice. Je l’ai testé. Je vous dis tout.

Le décret et ses dispositions

 

Le principe du relais téléphonique pour les sourds et malentendants

Le décrêt issu de la loi sur le numérique d’octobre 2016 oblige les opérateurs téléphoniques à améliorer l‘accessibilité au téléphone de leurs services aux sourds, malentendants, sourds aveugles et aphasiques. Les grandes entreprises et leur service client téléphonique doivent également s’y soumettre.

Depuis le 8 octobre, les grands opérateurs offrent une heure de communication téléphonique par mois à ses clients sourds, malentendants. Une obligation qui se veut progressive :

  • 2018 : 1 heure par mois
  • 2021 : 3 heures par mois
  • 2026 : 5 heures par mois

Pourquoi progressive? Pour pallier le manque de personnel formé à la retranscription.

Choisir le mode de transcription de sa conversation téléphonique

Pour profiter de l’accessibilité du téléphone, vous devez être équipé d’un smartphone et télécharger une application.

Roger Voice

Pour les abonnés Orange, SFR et Bouygues

Visiter le site Roger Voice

DEAFI

Pour les abonnés Free

Visiter le site Deafi

Une fois l’appel lancé via l’application, le malentendant choisit le mode de transcription qu’il souhaite :

      • un appel visuel avec transcription du sous-titrage et correction par « un scribe »
      • un interprète en langue des signes,
      • un codeur en langue parlée complétée

Et ce sont sur ces deux derniers modes de transcription que le manque de personnel formé est le plus marqué. La formation de plusieurs centaines d’interprètes est rendue nécessaire. D’où l’offre progressive.

Je téléphone avec Roger Voice

Les conditions de mon test

Pour ma part, je ne pratique ni langue des signes ni langue parlée complétée. Mon appareillage compense ma perte auditive de telle sorte que je communique normalement. Le téléphone représente malgré tout un frein à la communication. A sa sortie, j’ai été tout de suite intéressée par l’application Roger Voice. Je n’avais pas transformé l’essai, freinée par la souscription nécessaire à un forfait dédié. Autant vous dire que je n’ai pas hésité dès que l’offre d’1 heure de communication par mon opérateur (Orange) a été effective. J’ai téléchargé l’application sur mon smartphone et zou !

Paramétrer l’application Roger Voice

Une fois téléchargée, je lance l’application Roger Voice. Je renseigne les informations demandées : accord sur les données personnelles, archivage ou des conversations, numéro de téléphone… l’application recopie automatiquement les contacts de mon répertoire. Je peux téléphoner à n’importe quel interlocuteur.

 

Téléphoner avec Roger Voice

Dans l’application Roger Voice, je choisis le contact à appeler. Je lance l’appel.

Le choix du mode de transcription m’est proposé. Pour ma part, j’opte pour la retranscription écrite.

Ma conversation téléphonique retranscrite

Dans le cas de mon test, j’appelle un cabinet médical pour prendre un rendez-vous.

Sur mes captures d’écran, vous voyez les interventions de mon interlocuteur. Les miennes ne sont bien entendues pas retranscrites.

La retranscription est instantanée et de très bonne qualité. Elle fonctionne comme lorsque l’on utilise un assistant vocal comme Siri par exemple.

Mon retour d’expérience avec Roger Voice

Alors qu’est-ce que j’en ai pensé de cette expérience téléphonique ?

Facilité de mise en place

La mise en place de l’application est simple et facile d’utilisation. N’étant pas utilisatrice régulière du téléphone, je n’ai pas encore reproduit l’expérience. Toutefois, j’envisage de téléphoner de manière plus sereine.

Mon frein

Mon seul frein vient de l’annonce faite au début de la conversation “ cette conversation est retranscrite”. Nous sommes aujourd’hui tellement sollicités par les plates-formes téléphoniques, qu’il m’arrive de décrocher et de raccrocher immédiatement lorsque j’entends une annonce enregistrée. J’ai un peu peur que mes interlocuteurs fassent la même chose en entendant la voix mécanique.

J’aimerais avoir le choix de prévenir ou non mon interlocuteur de la retranscription de la conversation. Après tout, c’est mon handicap et j’en fais ce que je veux !

Malentendant à l’école, stress et embarras

Malentendant à l’école, stress et embarras

Ah l’école, le collège, le lycée. L’odeur du cahier neuf, le goût de la colle Cléopatra, les listes des classes, …

Il en faut peu pour replonger dans nos (bons?) souvenirs passés sur les bancs de l’école. Pour un malentendant, ces souvenirs se parent d’une légère couche de sueur, celle du stress qu’engendre une mauvaise audition.

Malentendante à l’école, parlons de ces situations d’angoisse.

Je tiens à préciser que je me suis faite appareillée à la sortie du lycée. Je parle donc de situations vécues par une jeune fille qui n’entendait déjà pas très bien ( 50% de perte bilatérale) mais qui en plus ne voulait pas encore passer le cap de l’appareillage.

Et le stress du lycée quand on n’entend pas bien, ça commence dès le premier jour !

Malentendante à l’école, pendant l’appel des classes

A l’époque (je parle des années pas si lointaines de la fin des années 90), point encore d’internet et autres facilités informatiques.

Du coup, pour savoir dans quelle classe je me trouve, je dois tendre l’oreille pour entendre mon nom.

Classe de Seconde A, Auré## AH###, Jessi## Bou##, #### ##### (!), Angéli### DUB### »
– OUIIIIIIII c’est moiiiIIIIIIII !
(on note la légère hystérie de celle qui est ravie d’avoir entendu son prénom !)

Ayé c’est bon pour cette fois, j’ai entendu mon nom. Je vais pouvoir me détendre et suivre le groupe pour rejoindre notre salle de classe.

Salle de classe qui a été précisée pendant l’appel mais que je n’ai pas entendu bien sùr.

Je suis le groupe. C’est bien d’être un mouton parfois.

Malentendante, interrogée au tableau

Classe de première, cours de physique. Exercice au tableau. le prof :

– Je vais demander à …. Angé### de venir faire l’exercice au tableau
– J’ai pas fini l’exercice hier soir, je comprenais pas…
– Pas de souci, les autres vont vous aider

Ok. Je monte sur l’estrade en jetant un coup d’oeil aux « autres ». La salle doit bien faire 50m à vue de nez (du mien en tout cas). Les élèves sont repartis sur des rangées de 5 sur 6 rangs. Je prends une grande inspiration. Et commence à écrire mes réponses.

– Ah non c’est pas ça. Quelqu’un peut aider Angélique ?
– Oui, moi

Je me retourne. Une élève se propose. Cool je vais pour reprendre ma place.
Ah non restez là Angélique. Elle va vous donner les réponses.

Elle … est assise au dernier rang de la classe.

Elle …. a une toute petite voix.

Elle … a les lèvres cachées par les 5 rangs d’élèves vautrés et qui chuchotent entre eux, histoire de créer un univers sonore idéal.

Elle … je sens qu’elle va me faire vivre un mauvais quart d’heure, sans le savoir.

– La réponse c’est ##### et ##### quand on ##### pour donner #####
Comment?
– ##### et ##### quand on ##### pour donner #####

Je me retourne face au tableau pour tenter quelque chose. Ma température corporelle doit avoisiner les 100°C. Mes joues sont en feu. J’ai les yeux qui louchent….

Bref JE VAIS BIEN comme dirait Céline Dion.

Le prof voit que j’hésite.

Ah visiblement y a un problème
– J’ai pas entendu ce qu’elle me dit
Ok vous lui répétez s’il vous plaît
– ##### et ##### quand on ##### pour donner #####

Et là bizarrement, le silence se fait dans toute la classe. Tout le monde me regarde. Y compris le prof, qui se trouve à 2 m de moi. Mes yeux doivent lancer des appels de détresse.

Le prof comprend que je n’entends pas bien (ah oui c’est un rapide). Il va, pensant bien faire, utiliser la méthode, que dis-je LA méthode qui permet à un malentendant de se faire remarquer et de vivre le moment présent avec un sentiment de plaisir infini.

Le prof, a deux mètres de moi, va HURLER la réponse en A R T I C U L A N T exagérément.

Alors vous allez peut-être me dire «  pourquoi ne pas avoir prévenu les profs de ton problème d’audition » et ma foi, ma réponse va vous laisser perplexe :

«  parce que ».

Et picétou.

Malentendante, pendant un devoir surveillé

La prof précise « Attendez avant de commencer, une chose importante pour la question 3, n’oubliez surtout pas de ######, sinon vous pourrez toujours ##### à la question ####. Vous avez tous bien compris ? Allez-y ! »

Il arrive aussi que cette situation devient un poil plus humiliante encore. La prof qui surveille le contrôle, passe devant ma table et s’aperçoit que je rédige une réponse à la fameuse question 3.

Une main sur l’épaule, elle lance : « Attendez je vois que certains n’ont pas fait attention a ce que j’ai dit pour la question 3. Soyez attentifs un peu. J’ai dit qu’il fallait y répondre en D E R N I E R si vous avez encore du temps ! ( toujours la meme méthode : HURLEMENT et EXAGERATION, on devrait souffler ce titre à Amélie Nothomb).

– Vous voyez mademoiselle, si vous aviez écouté avant de vous lancer, tant pis pour vous

Malentendante, quand ton voisin de table te chuchote

Hep Angélique, tu peux ##### ####### ############## ############# ####### (ouais c’est un bavard)
– Comment ?
– Tu peux ##### ####### ############## ############# ####### ?
– Ouais attends là j’écoute la prof désolée
– Pfff je te demande pas grand chose, n’importe quoi…

La prof «  Angélique s’il vous plait vous écoutez »

A vrai dire cette situation se représente à chaque fois que je vais dans une conférence, une réunion. Je me mets à suer de grosses gouttes quand je vois mon ou ma voisin(e) se pencher vers moi, la main cachant sa bouche pour ne pas parler trop fort.

Autant vous le dire JE NE COMPRENDS RIEN quand on me chuchote quelque chose.

Donc si je hoche la tête dès le début, ça veut dire « oui oui je ne capte rien de ce que vous me dites ». Des fois, en challenger que je suis je tente à «  Comment ? ». Mais le résultat est toujours le même, vous me parlez en chinois.

Alors des fois, je me suis imaginée les messages que l’on me transmettait à l’époque au lycée. J’ai pris peur en imaginant que c’était autant d’amoureux qui s’étaient lancer dans une déclaration d’amour, m’invitant à boire un verre et qui se recevaient un «  j’écoute la prof là ».

On le sait tous. Le lycée c’est pourri. Et bien repenser à ces situations des années après, je peux le confirmer : je ne voudrais pour rien au monde y revenir.

Et si je devais le faire, je me ferais appareillée dès le début de ma perte auditive.

Parce qu’on le remarque une fois que vous portez des appareils auditifs.
Mais on remarque à chaque fois lorsque vous faites répéter et que malgré tout, vous répondez à côté. Les appareils auditifs, c’est bon pour la santé, même des plus jeunes 🙂


Rassuez-vous ! Etre malentendant compte aussi un grand nombre d’avantages. Voici mes 10 bonnes raisons d’être malentendant.

Témoignage de Juliette, malentendante et épanouie

Témoignage de Juliette, malentendante et épanouie

 » Assumer son handicap et se réjouir

d’entendre les jolis sons de la vie « 

Voici l’un de nos premiers témoignages de malentendants, à l’aise dans leurs baskets et leurs appareils auditifs !

Voici Juliette, 38 ans, pacsée et maman d’une fille de 4 ans. Elle nous parle de sa vie de malentendante et nous donne ses conseils pour accepter son handicap et profiter de la vie grâce à ses appareils auditifs.

Psst ! Juliette est aussi graphiste indépendante, et c’est elle qui a créé les chouettes petites têtes blondes de ce blog ! Bravo et merci encore !

Depuis combien de temps es-tu malentendante ?

Malentendante de naissance, j’ai vécu une enfance et une adolescence classiques. Il fallait toutefois que je m’adapte à l’école pour suivre les cours : m’assoir au premier rang, prévenir les professeurs et les camarades de classe.

J’ai la chance d’avoir toujours été bien entourée : amis et famille, qui ont toujours fait preuve de compréhension.

Mon plus mauvais souvenir ? Les heures interminables passées dans les salles d’attente du service ORL, pour réaliser des audiogrammes.

Quand as-tu décidé à t’appareiller ? Quel a été l’élément déclencheur ?

Je suis appareillée depuis 2010 (les 2 oreilles, surdité bilatérale). J’avais 30 ans quand j’ai pris la décision.
Il a fallu plusieurs années et plusieurs postes occupés au sein d’entreprises pour enfin nommer, ce qui était pour moi un détail de ma vie : un handicap.

 » Le handicap ? Un détail de ma vie « 

Le déclic s’est produit quand j’occupais un poste de standardiste dans une clinique. Une expérience qui s’est soldée par un échec et la prise de conscience qu’il fallait l’accepter.

Quels souvenirs gardes-tu de ton parcours vers l’appareillage auditif ?

Tout d’abord l‘aspect financier ! Les appareils auditifs ne sont pas remboursés par la sécurité sociale (du moins, une petite somme dérisoire).

Le côté positif : entendre pour la première fois la climatisation dans le cabinet de mon audioprothésiste, entendre le chant des oiseaux, le bruit des vagues à la mer.

 » Mon plus beau souvenir une fois appareillée : entendre les battements de cœur de ma fille ! « 

Et un peu plus tard, la chance de pouvoir vivre pleinement mon accouchement : entendre les battements de cœur de ma fille, l’entendre respirer.

Quels sont les moments les plus compliqués à vivre en tant que malentendante ?

Dans la compréhension des phrases ou mots qui ne sont pas entendus, j’ai remarqué que les locuteurs se fixent un quota : au-delà de 3 répétitions, ils ne répètent plus.

 » Au-delà de 3 fois, les gens ne répètent plus « 

A nous de nous débrouiller ! Soit on fait semblant d’avoir compris au risque de passer pour un idiot, soit on passe réellement pour un idiot. Devoir se justifier en permanence est assez usant.

Personnellement, même appareillée, j’éprouve des difficultés à suivre une conversation de groupe (encore plus quand c’est dans un endroit bruyant : restaurant par exemple).

Quels sont les moments les plus joyeux à vivre en tant que malentendante ?
Si si y en a 🙂

Pouvoir diminuer le son, ou éteindre complètement mes appareils (dans des situations trop bruyantes)

 » Le super pouvoir des malentendants : comprendre à distance avec la lecture labiale « 

Mais le  » must  » c’est de pouvoir comprendre des phrases à distance. Une sorte de  » super pouvoir  » ! A défaut d’avoir été appareillée pendant les 30 premières années de ma vie, j’ai appris à lire sur les lèvres et il m’est déjà arrivé de connaître mon « sort  » dans une entreprise avant l’annonce officielle.

Ton conseil pour bien vivre son handicap auditif ?

Pour commencer, je conseille de ne pas sous-estimer le handicap. Le prendre en compte le plus tôt possible permet de choisir une voie, un métier qui soit compatible.

Et bien sûr, s’appareiller. Étape indispensable pour avancer plus sereinement dans la vie. Pour ne plus être un fardeau pour les autres.

Ton conseil pour bien vivre son appareillage auditif ?

Oublier ses complexes et foncer directement voir un audioprothésiste.
L’apport des appareils auditifs pour notre qualité de vie est inestimable.

Un grand merci à Juliette pour sa contribution !

Je vous rappelle que Juliette est graphiste indépendante. Vous pouvez retrouver ses créations sur Facebook notamment.

Comment séduire un(e) malentendant(e) ?

Comment séduire un(e) malentendant(e) ?

Avec le succès de « la famille Bélier », vous avez découvert le monde des sourds. Sur ce blog, je suis plus attachée à la vie des malentendants appareillés, monde autrement plus « simple » que celui des sourds profonds. Je ne pratique pas la langue des signes mais je gère mon quotidien en fonction de ce handicap. Vivre avec une personne malentendante n’est pas forcément de tout repos et ne manque certainement pas de piment. Cela vous donne envie? Avant d’envisager vivre avec un(e) malentendant(e), il faut commencer par la ou le séduire. Voici 4 conseils pour réussir le casting de « L’amour est dans l’oreille ».

(suite…)