6 millions de malentendants.

En plus d’être le titre d’une revue spécialisée  » 6 Millions de malentendants« , ce chiffre est surtout une réalité. Nous sommes 6 millions de malentendants. Pour autant, sommes-nous tous les mêmes malentendants ? Vivons-nous le même handicap ?

Depuis le lancement de ce blog en 2014, et des réseaux sociaux associés ( Facebook, Twitter, Instagram et Linkedin), je reçois des témoignages, des invitations à partager certains contenus, des questions sur des thèmes précis… Parce que je ne souhaite pas décevoir les personnes qui me sollicitent, il me paraît important de préciser avec quel type de handicap auditif je vis. Non pas pour exclure ou sélectionner une partie de ces 6 millions de malentendants. Mais bien pour offrir une vision plus claire de ce que je peux vous apporter.

Être malentendant, ça veut dire quoi ?

D’après Wikipédia, la surdité est “ une baisse de l’audition plus ou moins grave” dont “le niveau global de surdité est calculé sur l’oreille qui entend le mieux”.
Calculée en décibels de perte auditive, elle se définit comme suit :

Les degrés de surdité

Malentendants tous les mêmes

La surdité est classée par degré :

  • La surdité légère : de 20 à 39 décibels de perte auditive. La personne fait répéter son interlocuteur dès la perte de 30 décibels, sur les sons aigus.
  • La surdité moyenne : de 40 à 69 décibels de perte auditive. Le niveau de 40 décibels est le premier niveau majeur de handicap. En effet, la personne ne comprend que si son interlocuteur élève la voix.
  • La surdité sévère : de 70 à 89 décibels de perte auditive
  • La surdité profonde : de plus de 90 décibels de perte auditive. La personne n’entend plus du tout la parole.

Sources: Améli / Perte acuité auditive

A chaque handicap, son adaptation

A chaque degré de surdité, son handicap. Et à chaque handicap, sa stratégie pour s’y adapter :

Que ce soit, de choisir un équipement auditif :

  • Porter des appareils auditifs
  • Se faire poser un implant cochléaire
  • Décider de vivre sans prothèse auditive

De s’initier à un mode de communication :

  • La lecture labiale : apprendre à lire sur les lèvres
  • La langue française parlée complétée ou langage parlé complété
  • La langue des signes

L’adaptation à son handicap auditif est un cheminement personnel et intime, qui ne doit en aucun cas faire l’objet d’un jugement. En matière d’audition comme ailleurs, chacun fait comme il veut, selon son propre ressenti.

Alors pourquoi je vous explique tout ça? Et bien déjà parce que c’est intéressant non?

Je souhaite aussi vous partager ma propre adaptation au handicap auditif. Et de ma manière de vivre le handicap auditif, en découle le fil conducteur de ce blog. Autrement dit, vous dire de quoi j’aime parler ici et sur les réseaux sociaux.

Moi, Angélique, surdité bilatérale moyenne de 60 dB

Ma perte a été progressive jusqu’à atteindre un niveau où la communication sans appareil est devenue impossible. Ce déclic pour l’appareillage j’en ai déjà parlé sur ce blog. Depuis 20 ans, je suis appareillée en intra auriculaire. Une forme d’appareils très discrète et qui est suffisamment puissante pour moi. Étant (relativement) jeune, la manipulation de ces petits appareils est encore facile pour moi.

Avec mes appareils auditifs, j’entends presque normalement

Ma perte nécessite que je porte des appareils auditifs sur les deux oreilles. Lorsque je les porte, j’ai une audition quasi-normale. Mon entourage me fait fréquemment la remarque “ j’oublie tout le temps que tu n’entends pas”. Ils en (re)prennent conscience en apercevant mes appareils ou quand je fais répéter en précisant que je suis malentendante.

Il m’est même parfois arrivé d’entendre mieux que les normo-entendants, notamment dans une conversation dans le bruit, au restaurant. Mais mon audition évolue et les appareils auditifs vieillissent. Je n’entends pas toujours parfaitement.

J’ai bien dit, j’entends PRESQUE normalement

Malgré plusieurs réglages, il reste des situations qui me sont toujours difficiles :

  • Quand une personne me parle alors qu’elle se trouve dans la pièce d’à côté

  • Quand quelqu’un se penche vers mon oreille pour me chuchoter quelque chose

  • Quand on me parle en masquant ses lèvres

  • Au restaurant ou dans n’importe quelle ambiance où se mêlent les bruits, la musique aux conversations.

C’est dans ces cas-là que je vis le plus mal mon handicap auditif. Optimiste par nature, je me dis que ce que je loupe est rarement intéressant. Celles et ceux qui me connaissent savent comment s’y prendre pour s’assurer que j’entende bien ce qu’ils ont à me dire.

Mon mari, par exemple, maîtrise parfaitement le coup de coude nocturne pour me faire comprendre qu’un de nos enfants me réclame dans son lit. Oui, mon mari sait reconnaître aux pleurs de nos enfants, que c’est moi qu’ils réclament. C’est d’ailleurs toujours moi qu’ils réclament. Etonnant non?

(Bon pour la paix de mon ménage je suis obligée d’avouer que c’est faux, c’est souvent lui qui se lève, mais pas tout le temps).

 

source GIPHY

Pourquoi expliquer tout ça ?

Au fil de mes échanges sur le blog et sur les réseaux sociaux, j’ai reçu beaucoup de demandes à propos de l’implant cochléaire notamment. Je suis également interpellée à chaque fois qu’on parle de langue des signes. Je suis touchée de voir que les internautes aiment échanger avec moi là dessus. Mais je suis aussi mal à l’aise.Tout simplement, parce que ce sont des domaines que je ne connais pas. J’y suis sensible, c’est certain. Je dirais même que chaque récit d’implantation et d’activation de l’implant cochléaire, me fascine. La langue des signes, la langue parlée complétée sont magnifiques. Mais je ne pratique ni l’une, ni l’autre. Je n’en ai pas l’utilité.

Ne pas frustrer les autres sourds

Si je tiens à préciser tout cela, c’est tout simplement pour éviter de décevoir et de frustrer les malentendants atteints d’une surdité profonde notamment. Toutes les personnes souffrant d’autres types de surdité, qui sont à la recherche d’informations sur les modes de communication comme la LSF ou le LPC, ne trouveront pas ici de quoi les satisfaire. Du soutien oui vous trouverez toujours. Mais pas de partage d’expérience, des témoignages sur ces sujets … Pourquoi pas ? Parce que d’autres le font mieux que moi, tout simplement parce qu’ils sont concernés.

Alors pourquoi créer un blog appelé “ Je suis malentendant” ? Parce que je le suis.

Pourquoi ce blog “ Je suis malentendant”?

J’ai crée ce blog pour plusieurs raisons.

Partager ma vision dédramatisée du handicap auditif

Ce qui m’a poussé à créer ce blog, c’est l’envie de partager ma vision optimiste du handicap auditif. Je dis bien optimiste et pas naïve. J’ai côtoyé d’autres malentendants avant et après appareillage, pendant mes près de 10 années d’assistante audioprothésiste. Je sais à quel point le fait de pouvoir partager son ressenti avec quelqu’un qui est passé par les mêmes étapes, fait du bien. Je pense qu’être appareillée et complètement décomplexée par rapport à ça, aide les autres malentendants. Et c’est cette vision que je souhaite véhiculée dans ce blog.

Créer une communauté que je n’ai pas trouvé par ailleurs

Si la communauté des sourds profonds, utilisant la langue des signes, s’est emparée du web avec tout l’enthousiasme et la joie de vivre qu’on leur connaît – je pense notamment à l’adorable Monsieur Wild et aux pimpantes “ Titi et Lulu”- je n’ai pas réussi à identifier de blogs, de chaînes you tube etc… lancés par des malentendants “ comme moi”. Autrement dit, celles et ceux atteints d’une surdité légère ou moyenne et qui entendent presque normalement. Peut-être ai-je mal cherché ? Peut-être cette communauté n’a pas éprouvé le besoin de s’exprimer ? Du coup, comme on est jamais mieux servi que par soi-même j’ai décidé en 2014 de lancer ce blog. Pour parler de ce que j’ai vécu, ce que je vis au quotidien avec mon propre handicap auditif.

Ce que vous trouvez ou pas sur ce blog

Et c’est parce que je partage mon expérience, mon quotidien avec mon handicap et mes appareils auditifs, que vous retrouvez des articles sur la vie d’une malentendante avec une surdité moyenne. Je relaye les informations, présente les actualités de l’audioprothèse pour cette typologie de surdité.

Autrement dit, parce que je ne le vis pas au quotidien, je ne me sens pas capable de parler de la langue des signes, du langage parlé complété, de l’implant cochléaire, de la surdité infantile, de la surdité profonde… Ces sujets ne sont pas évoqués sur ce blog. Sauf coup de coeur de ma part pour une histoire que je trouve inspirante, émouvante et optimiste. C’est aussi parce que d’autres le font très bien.

Bien entendu, si vous recherchez un relais d’information, de mobilisation, je suis prête à diffuser votre message sur les comptes sociaux liés au blog. Je me laisse bien entendu la liberté de décider ou non de la diffusion de votre message. Je peux également vous fournir les liens vers les bonnes sources d’informations.

Exercer mon métier de rédactrice web


Une autre de mes motivations à lancer ce blog, était de trouver “un terrain de jeu” pour pratiquer ce qui allait être mon futur métier : la rédaction pour le web. Je me suis depuis installée en indépendante. Si vous voulez en savoir plus sur cette partie de ma vie, venez visiter mon site professionnel : www.desmotspourleweb.fr
 

 

Je tiens à préciser tout ceci pour que chacun y trouve son compte et partage dans la bienveillance et le respect. Je ne ferme aucune porte. Je montre juste ce que je vous propose derrière la mienne. 🙂

N’hésitez pas à commenter si vous vous reconnaissez ou pas dans ce portrait.